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Par lol38 dans Derniers billets le 17 Avril 2011 à 15:42
Ce roman, découvert par hasard, est magnifique et bouleversant, et ces mots sont bien en-deça de ce que j'aimerais exprimer.
Il raconte les destins croisés d'un capitaine de bateau, sillonant la mer au large de la Sicile pour intercepter et parfois sauver des embarcations d'émigrants à la dérive, et celui d'émigrants tentant de passer en Europe par tous les moyens pour atteindre leur Eldorado. Il raconte la rencontre de ces deux mondes, la descente aux enfers du capitaine qui ne parvient plus à exercer ce métier de non-sens où ils sauvent des vies pour les gâcher ensuite, en renvoyant ces émigrants chez eux et la course folle des émigrants qui, au prix de leur vie, essaient de défier les frontières.
Je n'avais jamais lu une écriture aussi incroyablement touchante et intelligente, on aimerait retenir chaque phrase par la beauté et la force qui s'en dégagent. Ce roman donne une réalité à des lieux dont on entend parler aux informations : l'île de Lampedusa et la frontière marocaine de Ceuta, je n'entendrai plus jamais ces noms-là de la même façon. Les émigrants qui arrivent chaque jour en nombre dans ces régions prennent un visage et un nom; on peut toucher du doigt leur histoire et leurs rêves, avec toute l'humanité et la tragédie qu'ils comportent.
Je le répète : ce roman est incroyable, à lire absolument, je ne pense pas avoir jamais lu quelque chose d'aussi enveloppant et prenant, aussi bien sur la forme que sur le fond. Il traite d'un sujet grave que l'on a rarement l'occasion de voir sous cet angle et qui, en cette période politique mouvementée, prend tout son sens.
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Par lol38 dans Derniers billets le 13 Mars 2011 à 22:41
Un énorme coup de coeur !
Ca se passe à La Hague, oui, moi aussi je pensais qu'il n'y avait qu'une usine de retraitement des déchets nucléaires là-bas ... Mais ce bouquin nous décrit un univers magnifique et tourmenté, un monde de mer, un lieu isolé, on se croirait au bout du monde. L'histoire est celle d'une rencontre mêlée à une intrigue familiale comme il en existe seulement dans les villages, un secret terrible et bien gardé ... Tous les ingrédients de ce livre sont d'une cohérence incroyable : bruts, forts, purs, sont les adjectifs qui me viennent à l'esprit pour décrire à la fois les paysages, les personnages, les sentiments ou même les dialogues. Ils forment un tout et nous emportent dans ce monde presque sauvage où l'on aimerait se poser, face à cette mer si puissante et parfois si dure, vivre un peu parmi les gens de là-bas pour retrouver l'essentiel.
C'est cela le maître mot de ce roman : revenir à l'essentiel pour se sentir exister.
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Par lol38 dans Derniers billets le 6 Mars 2011 à 21:00
Encore une tête de gondole. Mais là, j'avais pas le choix, c'était le seul bouquin vendu au bureau de tabac de mon bled et j'étais à court de lecture ...
Cette fois, une petite déception mais à cause d'une très bonne surprise au départ : ce bouquin m'a tenu en haleine pendant plusieurs jours, m'a permis de penser à autre chose qu'au boulot (grande performance pour la période actuelle) et je suis restée dedans presque jusqu'à la fin.
C'est là que le bât blesse : la fin. Tout se déroule très bien, on est captivé par cette histoire de peintures géniales représentant des enfants assassinés pour de vrai et l'enquête qui va avec, emballé par les différents personnages très attachants, intrigué par cette fresque familiale dépeinte en parallèle et ... l'apothéose arrive, les chemins se rejoignent enfin, tout s'éclaircit, et ... tout retombe très vite, c'est brouillon et bâclé, c'est très dommage car il pouvait encore se passer plein de choses.
Le truc, c'est que ça me fait souvent cet effet lorsque je suis transportée par un livre, je suis assez souvent déçue par la fin alors peut-être que ça vient de moi et de mon envie que ça ne se termine pas ?
En tout cas, c'est un premier roman et je serai désormais à l'affût de ce Jesse Kellerman !
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Par lol38 dans Derniers billets le 28 Novembre 2010 à 18:56
Je me suis fait avoir deux fois par Anna Gavalda. Bon, la première fois, c’était facile, en plein été, ambiance de vacances et de liberté, je suis tombée dans le panneau de « L’échappée belle ». J’avais déjà senti le chatouillement permanent, la marche sur une ligne de crête entre émotion et caricature. Les personnages sont tous attachants, beaux, plutôt riches et redécouvrent la liberté de leur jeunesse et les bonnes vieilles aventures entre frères et sœurs.
Bon, OK, ce livre m’avait un peu touchée donc j’en avais plutôt dit du bien autour de moi. J’en avais même été la première surprise car, comme tout auteur « tête de gondole » (dans lesquels je classe Katerine Pancol, Marc Levy, Harlan Coben, Bernard Werber, etc …), je redoutais fortement cette lecture. Non, je ne suis pas masochiste, c‘est juste qu‘on m‘avait offert ce livre. Bref, plutôt une bonne surprise.
Alors j’ai continué et j’ai lu « La Consolante ». Et là, ma colère est montée au fur et à mesure de ma lecture. Les bons sentiments, les histoires dégoulinantes de pathos, ça va cinq minutes. Mais là, franchement, ça va super loin : depuis la description de la vie exaltante mais très triste de sa bien-aimée (qui dure des plombes), en passant par la rupture avec sa femme pour arriver à une happy-end rose bonbon … J’ai fait une overdose. J’ai beaucoup de mal avec la mièvrerie et les caricatures de vies difficiles. Mais ce n’est que mon avis très personnel et ça vient certainement de là : j’ai toujours su que les contes de fées n'existaient pas.
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Par lol38 dans Derniers billets le 28 Avril 2010 à 17:35Pas de surprise pour ce nouveau Djian mais un roman parfaitement maîtrisé ! Les ingrédients habituels sont là, la noirceur de l'âme humaine toujours présente et cette fois, ça va loin !
Une histoire familiale à se jeter par la fenêtre, une relation incestueuse avec sa soeur, des aventures avec toutes les étudiantes qui lui passent sous la main, ce prof quinquagénaire va, sans bouger une oreille, commettre plusieurs crimes et tomber amoureux de la mère d'une de ses victimes ... Mais entendons-nous bien, ses crimes étaient nécessaires !
Philippe Djian réussit toujours à nous faire entrer dans la peau de ses personnages, aussi loosers, noirs ou abjects soient-ils. Et on se surprend à suivre l'histoire de ces gens de manière aussi détachée qu'eux, quels que soient leurs actes. Les relations hommes-femmes sont toujours au centre de ses romans, le sexe, l'alcool, la clope aussi et ce n'est jamais simple, jamais rose ... J'adore !
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